Irrational Man (Woody Allen, 2015)

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Frédérik Pesenti

À chaque fois que Woody Allen accouche d’une nouvelle œuvre – c’est donc dire à chaque année – les mêmes litanies se font entendre encore et encore. Est-ce un Allen « majeur » ou « mineur » ? Se classe-t-il dans les « bons » ou les « mauvais » Allen? Comme si le fait de s’entendre à cataloguer un nouveau film 7e ou 32e sur la liste de l’hyper-prolifique réalisateur avait plus de mérite que de parler du film lui-même, condamné à la voie de service du débat sur les adjectifs qualitatifs à accoler à l’œuvre. Son avant-dernier, Magic in the Moonlight, avait été victime du phénomène, tout le passionnant discours inhérent au film sur le vrai et le faux dans l’Art – Quelque chose doit-il absolument être vrai pour y croire? Quelque chose devient­-il vrai lorsqu’on se met à y croire? – ayant été évacué de la plupart des critiques après que le consensus eut établi que cet Allen-là était plus proche de You Will Meet a Tall Dark Stranger que de Annie Hall ou Manhattan.

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Marfa Girl (Larry Clark, 2012)


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Frédérik Pesenti 

L’Amérique devrait remercier avec déférence Larry Clark de s’intéresser autant à elle. Et devrait avoir honte d’avoir réservé un tel sort à Marfa Girl, son avant-dernière offrande, sorti directement dans les bacs à DVD au courant de l’été après une poignée de projections anonymes en Australie et aux États-Unis, bien qu’il ait gagné le premier prix au Festival de Rome en 2012, il y a maintenant bientôt trois ans. Car Marfa Girl est un film absolument magnifique qui cimente la place de Clark, aux côtés de Richard Linklater, comme tribun de l’Amérique profonde et d’une frange du peuple qui soit peut-être sans voix, mais toutefois pas sans histoire.

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La Loi du Marché (Stéphane Brizé, 2015) / Deux Jours, Une Nuit (Jean-Pierre et Luc Dardenne, 2014)

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Frédérik Pesenti

Depuis quelques années, nous voyons un regain d’intérêt pour le cinéma qu’on pourrait qualifier de « prolétaire », qui prétend s’intéresser au quotidien des petites gens et des épreuves qu’ils et elles traversent dans leur recherche d’un peu de stabilité et de dignité humaine, regain qui atteignit probablement son apogée au dernier Festival de Cannes, avec la projection en Film d’ouverture de La Tête Haute, d’Emmanuelle Bercot, et du Prix d’interprétation masculine accordé à Vincent Lindon pour La Loi du Marché de Stéphane Brizé.

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